EXPOSITION REVELATIONS | PARIS - GRAND PALAIS
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Ou bien sommes-nous en présence
d’un organisme pour le moins vivant ?
Récif corallien, anémone de mer,
dentelle des océans prête à onduler à
la grâce des courants, notre œil hésite,
s’agite, se perd et se plait à plonger
dans cette matière inconnue, forme à
la fois étonnante mais aussi reconnue
par notre esprit, presque familière à
notre regard.
Nous sommes soudain devant un
nouveau monde, devant une œuvre
de pure création, ou peut-être même
devrait-on dire de sublimation.
Ellen van der Woude est un peu
magicienne.
Au-delà de la technique, qu’elle
maîtrise parfaitement, elle transforme
la matière comme personne, et s’en
empare pour nous la donner à voir ou
à revoir d’une toute autre manière: la
sienne.
Ne nous arrêtons pas dans son cas
à la forme, non plus à la couleur ou
au glacis. Quittons cette idée de
perfection, de maîtrise des éléments.
Oublions jusqu’à la précision du geste,
le précis et précieux des détails, des
plis et replis. Laissons-nous aller à nos
émotions. Laissons-nous envahir par
l’œuvre tout entière dans ce qu’elle
a de fantastique et de si singulier.
Une vraie présence bien au-delà de
l’objet et du savoir-faire. Il s’agit d’une
sculpture née du geste et de l’esprit.
À quoi reconnaît-on un grand artiste ?
À ce talent de nous transporter, de
nous interroger sur la vie et sur le
monde qui nous entoure. C’est dans
cette question que réside tout l’art
d’Ellen van der Woude, qui joue avec
la terre et les éléments, histoire de
toujours nous entrainer avec elle
vers d’autres territoires parallèles, de
nouveaux paradis imaginaires.
Plus que le simple geste de créer,
cette céramiste aujourd’hui accomplie
cherche-t-elle inlassablement dans ce
travail proche de l’illusion, à faire acte
de re-création ?
S.A.R. la Princesse Stéphanie
Grande-Duchesse Héritière de Luxembourg
RE-CRÉATION
S’agit-il bien ici de céramique ?




