Edition 2025

THIEFELS Jean-Paul

 

 

TIBOR Malou

Malou Tibor, céramiste autodidacte née au Luxembourg en 1963, façonne depuis 2015 un univers poétique où le végétal se fait sculpteur et la porcelaine, support d’une écriture sensible de la beauté insaisissable de la nature. Si son parcours a commencé par la création de pièces utilitaires et d’art de la table, désormais, l’élément central de sa démarche, c’est l’empreinte des fleurs. En pratique, elle confectionne sa propre porcelaine en y intégrant de l’eau, du papier imprimé recyclé et des fleurs fanées, récoltées dans son jardin ou en randonnées. Dans Eclosion éternelle, série proposée pour la Biennale De Mains De Maîtres 2025, ses sculptures en porcelaine capturent l’instant fragile de la floraison pour le transfor- mer en trace pérenne. Chaque fleur fanée est plongée dans de la porcelaine liquide, puis brûlée lors de la cuisson, ne laissant que son empreinte délicate. Le vase, façonné à la main selon la technique des colombins, devient le support d’une profusion florale en relief, où chaque pétale trouve intuitivement sa place. Et selon le Kintsugi, méthode japonaise de réparation, Malou célèbre l’imperfection sublimée par des touches d’or et de vert. Un travail, méditatif et expérimental, de Nature singulière.

TOPA Olivia

Olivia Topa, artiste roumaine installée au Luxembourg, explore l’art de la lumière à travers des sculptures en papier mâché dérivées des traditionnels lampions chinois et japonais. Traductrice de métier, elle a trouvé dans la création manuelle un espace de liberté et de poésie. Elle s’est d’abord exprimée dans la poterie, les bijoux en laine feutrée et la mosaïque. Mais c’est grâce à une formation par correspondance avec l’artiste américain Stephen White que, depuis cinq ans, elle développe une technique complexe mêlant rotin en rouleau, papier de riz, bois et installation électrique. Sur une structure en bois souple, 12 couches de morceaux de papier déchirés à la main sont collées comme une «peau», d’une délicatesse inouïe, et néanmoins résistante. Pour la Biennale De Mains De Maîtres 2025, elle propose Hêtre de lumière, une œuvre inspirée d’une photo de son fils dans la forêt. La sculpture représente une racine de mangrove, à la couronne illuminée, aux branches de papier mâché, face à un petit personnage aussi en papier. Une onde traverse la main du personnage au contact de l’écorce symbolisant un échange intime entre l’humain et le végétal. Une œuvre sensible et onirique qui incarne parfaitement le thème Nature singulière.

Turping Laurent

Laurent Turping, sculpteur autodidacte luxembourgeois actif depuis 2012, travaille le bois avec une approche instinctive. Lui importe moins l’objet final que le processus de création, le plaisir du travail manuel, associé à un ancrage dans la nature, à une harmonie à exprimer entre l’Homme et l’environnement. Formé à la sculpture à la tronçonneuse en Allemagne, il privilégie donc une relation directe et sensorielle avec la matière, des essences d’arbres locales, qu’il sculpte en respectant les formes, les nœuds et les fissures naturelles. Son geste, brut et libre, suit ainsi les lignes du bois sans les contraindre, révélant du coup leur beauté intrinsèque tout en faisant naître des formes anthropomorphes. Certaines œuvres sont laissées à l’extérieur, où les éléments poursuivent leur travail, accentuant les marques du temps et enrichissant la matière. Les sculptures à la fois puissantes et méditatives proposées pour la Biennale De Mains De Maîtres 2025 sont les témoins d’un dialogue secret entre le bois et l’artiste Turping fasciné par l’imperfection du vivant et sa perpétuelle renaissance dans une transformation artistique intimement fidèle au dialogue. Cette démarche s’accorde avec le thème Nature singulière.

VAN DER WOUDE Ellen

Ellen van der Woude, artiste céramiste néerlandaise installée au Luxembourg, façonne des sculptures délicates et organiques qui traduisent sa profonde connexion à la nature. Membre de l’Académie Internationale de la Céramique et du Cercle Artistique de Luxembourg, elle expose régulièrement au niveau international. Travaillant la terre sans moule ni tour, elle insuffle à ses pièces un mouvement fluide, capturant l’illusion de la vie dans l’immobilité, à l’exemple d’un monde marin – oursin, éponge de mer, corail – qui incarne l’équilibre aussi contrarié que subtil entre vulnérabilité et résilience. Pour la Biennale De Mains De Maîtres 2025, elle propose une série d’œuvres inédites, chacune entièrement façonnée à la main, devenant un fragment de nature pétrifiée, une invitation à renouer avec un monde que l’humanité tend à oublier, à réfléchir à nos liens perdus avec notre environnement. L’approche de van der Woude, à la fois intuitive et maîtrisée, transforme donc la céramique en langage visuel où les formes dynamiques racontent une histoire, où il est évidemment question de la poésie de lamatière et du vivant à la beauté d’autant plus inouïe qu’elle est fragile, ce qui est la quintessence du thème Nature singulière.

WEIS Olivier

Olivier Weis, designer luxembourgeois de haute maroquinerie et fondateur de la marque Van Weis, explore les frontières entre artisanat traditionnel, design minimaliste et innovation durable. Olivier a perfectionné ses compétences à Zurich, où il s’est spécialisé dans l’artisanat exigeant de la sellerie, technique de la coupe du cuir à main levée incluse. Chacune de ses pièces, entièrement réalisée à la main dans son propre atelier, où chaque détail compte, incarne une nouvelle définition du luxe: sobre, sensoriel et respectueux des ressources, vecteurs d’histoires. Dans son projet de sac à main sculptural proposé pour De Mains De Maîtres 2025, il utilise un textile novateur à base de mycélium, le réseau racinaire des champignons, une matière pionnière, à part entière, associée pour garantir stabilité et durabilité, à un cuir tanné végétalement. Inspirée des microstructures naturelles, lamelles et plis, la forme fluide du sac est obtenue par moulage humide sur des gabarits sur mesure, alliant techniques de sellerie classiques et procédés numériques comme le fraisage CNC et l’impression 3D. En y insé- rant donc propriétés organiques du matériau et conscience écologique, Weis propose une œuvre-manifeste de singulière nature.

 

WEISGERBER-PETERS Lily et Pit

Wolter Monique

Monique Wolter, artiste verrière luxembourgeoise, explore depuis 2014 les possibilités expressives de ce corps dur mais fragile qu’est le verre. Auprès d’artistes verriers internationaux, elle s’est approprié les techniques de base du thermoformage du verre à plat, pour aujourd’hui, de manière autodidacte, combiner les procédés afin de créer soit des vases et bols, soit des objets d’art en pâte de verre, une technique permettant de transposer avec finesse des structures végétales. Ce qui est précisément le cas avec Verfolia, présentée pour la Biennale De Mains De Maîtres 2025, une œuvre poétique inspirée de la vulnérabilité du vivant, en l’occurrence, du berceau des oiseaux. Composée d’une cen- taine de feuilles en verre opaque, moulées à partir de véritables feuilles de saule, poncées, sablées puis recuites, l’installation évoque ainsi un nid délicat, suspendu entre naturel et artificiel. La lumière filtrant entre les feuilles crée une atmosphère douce et mouvante, où chaque reflet devient trace d’un cycle de trans- formation. Le verre devient ici mémoire de la nature, transposée dans un langage contemporain. Cette fusion de la précision artisanale et de l’aléatoire du vivant répond pleinement au thème Nature singulière.

Zangarini Nadine

Nadine Zangarini, sculptrice luxembourgeoise à la taille directe, formée à Strasbourg et à Fribourg-en-Brisgau, crée des interactions entre ombres et lumières à partir de différentes essences de bois – ou de la pierre – lui permettant d’explorer des formes organiques qui évoquent la fluidité et la vitalité de la nature. En dialogue avec la matière, Zangarini sculpte en laissant les nœuds, veines et aspérités guider la forme émergente. Son travail, sensible et intuitif, révèle donc la beauté cachée du bois et la poésie de ses nuances, de ses imperfections. Elle porte aujourd’hui son dévolu sur un érable, symbole de protection dans la tradition celtique. Cet érable, travaillé pour la Biennale De Mains De Maîtres 2025, c’est celui du jardin de sa mère. La pièce, avec ses courbes et son espace intérieur, capture l’essence même de la vie: fragilité, transformation et renaissance. L’ouverture au sommet, à la fois délicate et solide, devient métaphore d’un avenir en équilibre entre mémoire et harmonie. En intégrant arcs et mouvements d’ouverture, elle poursuit une quête intérieure de lumière et de lien avec le vivant. Son approche, la célébration du geste née de l’écoute de l’arbre, est le gage d’une Nature singulière.